Roquefavour (doc)

L’eau de la Durance a changé la vie de la population marseillaise

De l’eau pour la ville de Marseille

Je pense que ce bel aqueduc valait bien quelques explications!

Si Marseille et la Provence ont souvent connu au cours de l’histoire des problèmes liés au manque d’eau, le XVIIème siècle va leur donner une dimension dramatique. La cité phocéenne va en effet connaître un doublement de sa superficie et une augmentation de sa population. L’hygiène fait défaut, l’eau manque, les gens ont soif… Déjà, en 1565 un ingénieur natif de Salon de Provence, Adam de Craponne avait proposé un projet de canal de Provence qui à partir des eaux de la Durance permettrait d’alimenter les principales villes. Le projet fut abandonné vu l’ampleur des travaux et leur coût financier.

L’emplacement du barrage indiqué par Mr Pascalis et adopté par l’un de ses successeurs, Mr Gleize, dont le projet fut approuvé par le Conseil Général des Ponts-et-Chaussée, le 14 octobre 1875 est une partie du vallon dans lequel un amas de roches calcaires faisait présumer l’existence d’un sol de fondation solide. Il faudra attendre les grandes sécheresses de 1834 puis l’épidémie de choléra pour que le Conseil Municipal de Marseille décide la construction du canal de Marseille.Des lieux importants:le Bassin de Saint-Christophe, l’Aqueduc de Roquefavour (diaporama), … le palais Longchamp à Marseille (carte postale prise sur le net)


Bassin de Saint-Christophe

      

  

le Bassin de Saint-Christophe

Le vallon de Saint-Christophe descend de Rognes et débouche dans la Durance entre le Pont de Cadenet et la prise de Craponne. A 300 m environ de la Durance, l’endroit le plus resserré du Canal de Marseille traverse le vallon sur une levée de 20 m de hauteur et de 172 m de longueur.
Le bassin de Saint-Christophe est donc limité par cette levée qui sert de barrage, par le Canal de Marseille et les côteaux où on a établi un canal de ceinture au niveau du Canal de Marseille.
Ce bassin destiné à résoudre d’une façon définitive le problème de la clarification des eaux du Canal de Marseille, comporte, comme emplacement et construction, les dispositions reconnues les meilleures dans les essais antérieurs de décantation.
La superficie du bassin est de 20 hectares(pour exemple : le Vieux Port de Marseille représente environ 27 hectares). Le développement de son périmètre est de 2300 m, sa longueur 800 m et sa largeur 249 m de moyenne. Sa capacité est de 2.000.000 de m3( profondeur maxima 20.5 m, minima 8.5 m).
Les travaux entrepris en 1882 furent achevés en 1887.
Les dépenses de construction de cet important ouvrage atteignirent 2 millions de francs.
 
L’Aqueduc de Roquefavour
Il permet aux eaux du Canal de Marseille de franchir l’Arc sur les communes de Ventabren et d’Aix afin d’alimenter Marseille.
Maximin de Consolat, le maire de Marseille va confier le projet à un jeune ingénieur sorti de polytechnique, Franz Mayor de Montricher. Les travaux vont commencer en 1841 pour finir en 1847.
L’aqueduc est composé de trois rangs d’arcades : le premier rang est composé de 12 arches de 15 mètres d’ouverture pour une hauteur totale de 34,10 mètres, le second rang est composé de 15 arches de 16 mètres d’ouverture pour une hauteur totale de 37,60 mètres, et enfin le dernier rang est composé de 53 arches de 5 mètres d’ouverture pour une hauteur totale de 10,95 mètres. La hauteur totale de l’aqueduc est ainsi de 82,65 mètres, et cet ouvrage s’étire sur 393 mètres de long. Pour être complet sur cette partie technique, sachez enfin que le débit de l’ouvrage est de 4,400 m3 par seconde.
5000 ouvriers, dont 300 tailleurs de pierre ont été mobilisés pour mener cette œuvre gigantesque qui aura coûté 3.800.000 francs. L’ouvrage terminé vit passer les eaux de la Durance le 30 juin 1847.
En apportant l’eau bienfaitrice de la Durance au palais Longchamp d’abord, jusqu’à La Ciotat ensuite, cette œuvre a mis fin à des siècles de pénurie, de privation et d’épidémie.
L’aqueduc connut un succès considérable et valut à Montricher une gloire que peu d’ingénieurs des Ponts et Chaussée de ses contemporains eurent le plaisir de goûter.
Le 30 septembre 1852, Louis Napoléon Bonaparte nomma l’ingénieur Officier de la Légion d’honneur.
Le 12 septembre 1992, sous la présidence de Jean-Claude Gaudin (Sénateur, Président du Conseil Régional), Lucien Weygand (Président du Conseil Général), Robert Vigouroux (Sénateur, Maire de Marseille), Jean-François Picheral (Conseiller Général, Maire d’Aix-en-Provence), Bertrand Dauberlieu (Président de la Société des Eaux de Marseille), Jean-Marie Duron (Maire de Ventabren), le Conseil Municipal et la population ont commémoré le 150e anniversaire de la pose de la 1ère pierre de l’ Aqueduc de Roquefavour.
En 2002, l’aqueduc de Roquefavour fut inscrit à l’inventaire des monuments historiques.
Reconnu comme le plus grand ouvrage en pierre du monde, il nous permet de prendre conscience de la richesse du patrimoine laissé par Frantz Mayor de Montricher.

Aujourd’hui, le canal de Marseille n’assure plus seul l’alimentation en eau de Marseille.
Construit dans les années 1970, le canal de Provence, un réseau de canaux partant du Verdon, un affluent de la Durance, et souterrain dans sa presque totalité, alimente non seulement Marseille (réservoir de Vallon Dol), mais aussi Aix-en-Provence (barrages Zola, puis du Bimont) et Toulon. Aujourd’hui, l’eau de la Durance transportée par le Canal de Marseille compte encore pour les deux tiers de la ressource en eau de Marseille, le tiers restant vient du Verdon par le canal de Provence. Les deux ressources sont interconnectées, ce qui assure la sécurité de l’approvisionnement.